Cadre réglementaire

Cadre légal de l'éducation thérapeutique en France : loi HPST, CSP et rôle des ARS

La loi HPST de 2009 a inscrit l'éducation thérapeutique du patient dans le Code de la santé publique. Depuis, tout programme ETP doit être autorisé par une Agence régionale de santé avant d'être déployé. Ce que la loi impose exactement, et pourquoi ça complique la vie de ceux qui veulent bien faire.

La loi du 21 juillet 2009 : ce qui a changé

Avant 2009, l'éducation thérapeutique du patient existait dans les pratiques de certaines équipes pionnières, notamment en diabétologie et en pneumologie, mais sans cadre législatif national. La loi n°2009-879, dite loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoires), a changé cela en intégrant l'ETP au Code de la santé publique.

Cette loi est la première à définir légalement ce qu'est l'ETP, à poser les conditions de sa mise en oeuvre, et à confier aux Agences régionales de santé la compétence d'autoriser et de contrôler les programmes.

Référence légale Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009. Section : Articles L1161-1 à L1161-6 du Code de la santé publique.
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Ce que disent les articles L1161-1 à L1161-6

Article L1161-1 : définition et finalités

Art. L1161-1 CSP (extrait)

L'éducation thérapeutique s'inscrit dans le parcours de soins du patient. Elle a pour objectif de rendre le patient plus autonome en facilitant son adhésion aux traitements prescrits et en améliorant sa qualité de vie.

Deux éléments importants dans cet article : l'ETP est liée au parcours de soins (elle ne flotte pas dans le vide), et son objectif combine autonomie du patient et observance thérapeutique. Ce n'est pas l'un ou l'autre.

Article L1161-2 : conditions de mise en oeuvre

L'article L1161-2 pose que l'ETP est dispensée par des professionnels de santé et, le cas échéant, par des membres de la famille ou d'associations de patients agréés. Il précise que des compétences relationnelles, pédagogiques et d'animation sont requises, en plus des compétences biomédicales.

C'est ce que souligne aussi le guide introductif de l'OMS Europe (2023) : l'ETP n'est pas une simple transmission d'information médicale. Elle requiert des compétences pédagogiques spécifiques, acquises par formation dédiée.

Article L1161-3 : l'autorisation ARS

Art. L1161-3 CSP (principe)

Les programmes d'éducation thérapeutique du patient sont mis en oeuvre au niveau local par des professionnels de santé. Ils sont conformes à un cahier des charges national et font l'objet d'une autorisation délivrée par l'agence régionale de santé.

Le cahier des charges national est défini par arrêté. Il fixe les critères que tout programme doit respecter pour être autorisé : structuration du programme, compétences des intervenants, contenus éducatifs, modalités d'évaluation.

Articles L1161-4 et L1161-5 : évaluation et durée d'autorisation

L'autorisation est accordée pour une durée de quatre ans renouvelable. Chaque programme fait l'objet d'une évaluation annuelle et d'une évaluation quadriennale. La HAS a développé les outils correspondants : grille d'aide à l'évaluation pour les demandes d'autorisation, auto-évaluation annuelle, évaluation quadriennale. Ces documents sont accessibles sur le site de la HAS.

Article L1161-6 : le rôle de la HAS

La loi confie explicitement à la Haute Autorité de santé une mission d'évaluation de l'efficacité des programmes d'ETP dans les maladies chroniques. La HAS publie depuis 2009 des recommandations, des guides méthodologiques et des indicateurs de qualité qui constituent la référence pour les équipes qui montent un programme.

La procédure d'autorisation ARS : ce que ça demande concrètement

Un programme ETP ne peut pas simplement démarrer. Il doit d'abord être autorisé par l'ARS du territoire concerné. La procédure implique :

L'ARS dispose d'un délai réglementaire pour instruire le dossier. En cas d'autorisation, le programme peut démarrer. En cas de refus ou de demande de compléments, l'équipe doit amender son projet.

Outil HAS La HAS propose une grille d'aide à l'évaluation de la demande d'autorisation ARS. Elle est utilisable par les équipes pour préparer leur dossier et anticiper les points de contrôle.
Accéder aux outils HAS

Pourquoi cette procédure est souvent bloquante

Le cadre légal est cohérent. Le problème, documenté par les acteurs du secteur depuis plusieurs années, c'est que la charge administrative liée à la procédure d'autorisation est lourde à porter pour des équipes qui n'ont pas de ressources dédiées.

Un médecin généraliste ou une équipe de soins de ville qui veut proposer de l'ETP à ses patients chroniques doit : constituer un dossier complet, justifier les compétences de chaque intervenant, s'engager sur une évaluation annuelle et quadriennale, et atteindre des seuils d'activité pour que le programme soit financé. C'est beaucoup pour une structure qui n'a pas de coordinateur ETP dédié.

C'est une des raisons pour lesquelles plus de 80 % des programmes autorisés en France sont portés par des établissements de santé hospitaliers, là où les ressources administratives existent. Les soins de ville, premiers interlocuteurs des patients, restent largement en dehors du dispositif.

Les fiches ETP, c'est différent d'un programme autorisé

Une fiche ETP structurée peut être utilisée dès demain, sans autorisation ARS. Elle complète la consultation, elle ne remplace pas un programme. Testez ce que ça donne avec notre démo.

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Sources

  1. Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009. Articles L1161-1 à L1161-6 du Code de la santé publique. legifrance.gouv.fr
  2. Haute Autorité de santé. Éducation thérapeutique du patient (ETP). has-sante.fr
  3. OMS/Europe. Guide introductif ETP. Novembre 2023. who.int/europe