Glomérulonéphrite : tout comprendre sur cette maladie des reins
Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches
Praticien Hospitalier en Néphrologie · Centre Hospitalier de Bourg-en-Bresse
Auteur de travaux publiés sur PubMed · Relecture médicale indépendante
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
Qu'est-ce que c'est ? Une inflammation des glomérules, les filtres microscopiques du rein, qui laisse passer protéines et globules rouges dans les urines.
Comment ça se détecte ? Urines mousseuses ou rougeâtres, œdèmes, hypertension récente : ou simplement à l'analyse d'urine de routine (50 % des cas sans symptôme).
Est-ce grave ? Cela dépend du type. Certaines formes guérissent seules. D'autres peuvent évoluer vers l'insuffisance rénale si elles ne sont pas prises en charge rapidement.
Que fait le médecin ? Analyse d'urine → bilan sanguin → biopsie rénale si nécessaire. Le traitement dépend du type identifié à la biopsie.
Qu'est-ce qu'une glomérulonéphrite ?
La glomérulonéphrite est une maladie inflammatoire des glomérules. Il s'agit des filtres microscopiques du rein. Quand ces filtres s'enflamment, ils laissent passer dans les urines ce qu'ils devraient retenir : protéines et globules rouges.
Vos reins contiennent chacun environ un million de petites structures appelées glomérules. Ce sont de minuscules pelotes de vaisseaux sanguins dont le rôle est de filtrer votre sang en permanence : ils retiennent ce qui doit rester dans le sang (protéines, globules rouges) et laissent passer les déchets vers l'urine. En temps normal, les glomérules sont très efficaces pour purifier votre sang, mais il arrive que ces petites structures soient abîmées.
Dans la glomérulonéphrite, ces filtres s'irritent. Ils deviennent moins efficaces et "laissent passer" ce qu'ils devraient retenir. Des protéines et des globules rouges se retrouvent alors dans les urines. Cela ne devrait pas arriver.
La glomérulonéphrite touche environ 2 à 3 personnes pour 100 000 habitants par an en France (source Agence de la biomédecine). Elle peut survenir à tout âge, mais elle est plus fréquente chez les enfants et les jeunes adultes. Les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes.
Quelles sont les causes d'une glomérulonéphrite ?
C'est souvent la première question que l'on se pose. La réponse dépend du type de glomérulonéphrite que vous avez : et il en existe plusieurs formes.
Les glomérulonéphrites primitives
Elles touchent le rein directement. La plus fréquente en France est la maladie de Berger (ou néphropathie à IgA), dans laquelle le système immunitaire dépose des anticorps dans les glomérules. D'autres formes existent, toutes avec des noms bien compliqués : hyalinose segmentaire et focale, glomérulonéphrite extramembraneuse, lésions glomérulaires minimes... Les causes sont variables et votre néphrologue pourra vous informer en fonction de votre situation précise. Vous pouvez poser des questions à votre néphrologue si vous ne comprenez pas : son rôle est de vous soigner ET de vous expliquer.
Les glomérulonéphrites secondaires
Attention, ici le mot "secondaire" est très important. Dans ce contexte, le terme secondaire est utilisé pour montrer que la glomérulonéphrite est la conséquence d'une autre maladie qui touche l'ensemble de l'organisme : lupus érythémateux systémique, diabète, vascularites, sarcoïdose, certains cancers. Elles peuvent aussi être déclenchées par une infection (hépatite B, hépatite C, VIH, angine à streptocoque).
Les glomérulonéphrites post-infectieuses
Elles surviennent quelques jours à quelques semaines après une infection, le plus souvent une angine à streptocoque ou une infection cutanée. Elles touchent surtout les enfants. Dans la grande majorité des cas, elles guérissent complètement.
Dans de nombreux cas, les médecins ne parviennent pas à identifier une cause précise. On parle alors de glomérulonéphrite idiopathique. L'absence de cause identifiée ne signifie pas que le traitement est impossible : votre néphrologue adapte la prise en charge aux résultats des examens médicaux.
Quels sont les symptômes d'une glomérulonéphrite ?
Les signes d'alerte sont : urines mousseuses ou rougeâtres, œdèmes (jambes, cheville, visage au réveil), hypertension récente difficile à contrôler, fatigue inhabituelle. Mais dans près d'un cas sur deux, il n'y a aucun symptôme : d'où l'importance des bilans réguliers.
La glomérulonéphrite est souvent silencieuse, surtout dans sa forme chronique. C'est ce qui en rend le diagnostic parfois tardif. Mais certains signes peuvent apparaître :
- →Urines mousseuses : signe de protéines dans l'urine (protéinurie). Une mousse persistante après avoir uriné est anormale.
- →Urines rouges, rosées ou couleur coca-cola : signe de sang dans l'urine (hématurie). Parfois visible à l'œil nu, parfois détectable seulement à l'analyse d'urines.
- →Gonflement des chevilles, des jambes ou du visage (œdèmes) : surtout le matin au réveil pour le visage. Lié à la perte de protéines dans les urines.
- →Hypertension artérielle d'apparition récente ou difficile à contrôler : les reins régulent la pression/tension artérielle. Quand ils fonctionnent mal, la tension peut monter.
- →Fatigue inhabituelle : liée parfois à une anémie associée, ou à la mauvaise élimination des déchets par les reins.
- →Diminution du volume des urines : signe que la filtration rénale est perturbée.
Près de la moitié des personnes atteintes de glomérulonéphrite sont asymptomatiques. La maladie est alors découverte fortuitement lors d'une analyse d'urine de routine ou d'un bilan sanguin. C'est l'une des raisons pour lesquelles les bilans réguliers sont importants.
Pourquoi mes urines font-elles de la mousse ?
Explications simples
Normalement, vos reins filtrent le sang sans laisser passer les protéines. Quand les glomérules sont enflammés, ils deviennent des passoires trouées : les urines se chargent en protéines. Une urine riche en protéines fait de la mousse en tombant dans la cuvette, un peu comme du savon. C'est ce qu'on appelle la protéinurie.
Pourquoi s'en inquiéter
Un peu de mousse passagère, ça arrive à tout le monde : urine concentrée le matin, jet puissant, déshydratation. Rien d'alarmant. Le signal qui doit vous alerter, c'est une mousse épaisse, persistante, qui revient à chaque miction sur plusieurs jours. Cette régularité est ce qui distingue une fuite de protéines réelle d'un simple effet mécanique.
Quand consulter
Prenez rendez-vous si la mousse persiste plus d'une semaine, ou si elle s'accompagne d'un autre signe : urines rouges ou foncées, gonflement des jambes ou du visage au réveil, tension qui grimpe, fatigue inhabituelle. Une simple bandelette urinaire chez votre médecin traitant suffit à orienter le diagnostic. Pour aller plus loin sur ce sujet précis, consultez la fiche dédiée : protéinurie, causes et examens à faire.
Ce que ça peut évoquer d'autre
La glomérulonéphrite n'est pas la seule explication. Une protéinurie peut aussi venir d'un diabète mal contrôlé, d'une infection urinaire, d'une déshydratation simple, ou, chez la femme enceinte, d'une prééclampsie à ne pas manquer. La prééclampsie est un problème très grave auquel il faut être très attentif. C'est justement pour trancher entre ces pistes que l'avis médical compte, pas l'autodiagnostic.
Quels examens pour confirmer une glomérulonéphrite ?
Le diagnostic de glomérulonéphrite ne repose pas sur un seul examen. Certains examens permettent de valider le diagnostic de glomérulonéphrite, c'est-à-dire d'une souffrance des glomérules ; d'autres permettent d'en rechercher la cause. Votre médecin a probablement commencé par des analyses simples avant d'aller plus loin.
- 1Analyse d'urines (bandelette urinaire, ECBU) : détection de protéines et de sang dans les urines. C'est souvent le premier signal d'alerte.
- 2Protéinurie des 24h : recueil de toutes vos urines sur 24h pour mesurer précisément la quantité de protéines perdue. Un chiffre clé pour évaluer la sévérité.
- 3Bilan sanguin : mesure de la créatinine et du DFG (débit de filtration glomérulaire) pour évaluer la fonction rénale. Ce bilan sanguin de base est parfois complété par la recherche d'anticorps et de marqueurs inflammatoires.
- 4Échographie rénale : pour visualiser la taille et l'aspect des reins.
- 5Biopsie rénale (ponction biopsie rénale, PBR) : examen de référence pour établir le diagnostic, et permettre d'identifier la cause de la glomérulonéphrite. Cet examen peut être proposé par votre néphrologue s'il le juge pertinent. Une fine aiguille prélève un minuscule fragment de tissu rénal. La biopsie est réalisée par un médecin formé à ce geste. Le médecin endort la zone située en regard de l'un de vos reins (dans le dos, à gauche ou à droite de la colonne vertébrale, en dessous des dernières côtes). L'anesthésie locale réalisée va permettre d'endormir le trajet entre la peau et le rein, profond de quelques centimètres. Le néphrologue s'emploie à ce que ce soit aussi peu douloureux que possible. L'examen au microscope du fragment permet d'identifier précisément le type de glomérulonéphrite, de chercher la cause et de guider le traitement. Le résultat arrive après plusieurs jours.
La biopsie est réalisée sous anesthésie locale. Vous pouvez ressentir une pression mais pas de douleur vive. Dans tous les cas, si vous ressentez le moindre inconfort, prévenez le médecin qui agira en conséquence. Un saignement dans ou autour du rein est possible mais reste rare et généralement bénin. Vous serez surveillé(e) quelques heures après le geste. La PBR est indispensable dans la plupart des cas : les risques sont bien inférieurs aux bénéfices qu'elle apporte pour guider votre traitement.
Après une ponction-biopsie rénale, il est fortement recommandé d'éviter toute activité physique pour une durée de deux semaines après l'examen.
Comment soigne-t-on une glomérulonéphrite ?
Il n'existe pas de traitement universel. Le traitement dépend du type identifié à la biopsie. Dans tous les cas : contrôler la tension artérielle (objectif <130/80 mmHg), réduire le sel, arrêter le tabac. Selon le type : corticoïdes, immunosuppresseurs, rituximab, ou traitement de la maladie sous-jacente.
Le traitement dépend directement du type de glomérulonéphrite identifié à la biopsie, de sa sévérité et de la cause éventuelle. Il n'existe pas de traitement universel. Toutefois, certaines mesures sont nécessaires quelle que soit la cause, pour prévenir des dommages supplémentaires et limiter la progression de la maladie.
Les mesures communes à presque toutes les formes
- ✓Contrôle de la pression artérielle : objectif strict inférieur à 130/80 mmHg. Certains médicaments utilisés (IEC ou ARA II) ont en plus un effet protecteur sur les reins.
- ✓Réduction des apports en sel : moins de 5g par jour pour aider à contrôler la tension et les œdèmes. La diminution drastique du sel permet de limiter la progression de la maladie vers l'insuffisance rénale.
- ✓Arrêt du tabac : fumer accélère la dégradation de la fonction rénale et entraîne une inflammation des vaisseaux sanguins des reins et du reste de l'organisme.
- ✓Suivi régulier de la fonction rénale : créatinine, DFG, protéinurie à intervalles définis par votre néphrologue.
Les traitements spécifiques
Corticoïdes (cortisone) : utilisés dans les formes inflammatoires actives, notamment le syndrome néphrotique à lésions minimes ou certaines formes de glomérulonéphrites liées au lupus.
Immunosuppresseurs (mycophénolate mofétil, cyclophosphamide, ciclosporine, tacrolimus) : pour les formes auto-immunes ou résistantes aux corticoïdes.
Rituximab : anticorps monoclonal ciblant les lymphocytes B, utilisé dans certaines formes de maladies auto-immunes résistantes ou récidivantes.
Antibiotiques : dans les formes post-infectieuses pour traiter l'infection en cause si elle est encore présente.
Traitement de la maladie sous-jacente : dans les formes secondaires (lupus, diabète), traiter la cause améliore l'atteinte rénale.
En septembre 2025, les recommandations internationales KDIGO sur la maladie de Berger ont été mises à jour. Le but est de faire baisser les protéines dans les urines sous 0,5 g par jour, et si possible sous 0,3 g par jour. Tous les patients reçoivent un IEC ou un ARA II, à la dose la plus forte bien supportée. Si le risque d'aggravation reste élevé, votre néphrologue peut ajouter ou changer un médicament :
- le budésonide à libération ciblée (Kinpeygo) : un médicament de la famille de la cortisone, pris pendant 9 mois. En mars 2026, la HAS a donné un avis favorable à son remboursement chez l'adulte qui garde au moins 1 g de protéines par jour dans les urines malgré un IEC ou un ARA II ;
- le sparsentan (Filspari) : un comprimé qui agit sur l'angiotensine et sur l'endothéline, deux substances qui favorisent l'atteinte du rein. Il se prend à la place de l'IEC ou de l'ARA II, jamais avec. La HAS a donné un avis favorable à son remboursement en novembre 2024, dans la même situation ;
- les gliflozines (inhibiteurs SGLT2) : les recommandations KDIGO 2025 les conseillent aussi quand le risque d'aggravation reste élevé.
Ces médicaments ne conviennent pas à tout le monde. Votre néphrologue choisit selon vos analyses. Ne changez jamais votre traitement seul.
Si la fonction rénale est très altérée
Dans les formes sévères ou évoluées, une dialyse peut être nécessaire temporairement ou définitivement. Une transplantation rénale peut être envisagée dans les formes chroniques en insuffisance rénale terminale. Ces situations restent minoritaires, surtout lorsque la maladie est prise en charge tôt.
Peut-on guérir d'une glomérulonéphrite ?
Le pronostic varie considérablement selon le type de glomérulonéphrite :
- ✓Glomérulonéphrite post-infectieuse (surtout chez l'enfant) : guérison complète dans 95 % des cas avec un traitement approprié.
- ✓Syndrome néphrotique à lésions minimes : bonne réponse aux corticoïdes, rechutes possibles mais évolution généralement favorable.
- !Maladie de Berger (néphropathie à IgA) : évolution variable d'une personne à l'autre. Longtemps, on l'a crue lente et souvent bénigne. Les recommandations internationales KDIGO de 2025 corrigent cette idée : sans traitement adapté, la maladie conduit chez la plupart des patients à une insuffisance rénale qui demande une dialyse ou une greffe. Un traitement précoce, qui fait baisser les protéines dans les urines, réduit ce risque. Depuis 2024, de nouveaux médicaments ont reçu un avis favorable de la HAS (voir la partie sur les traitements).
- !Glomérulonéphrites rapidement progressives : urgence médicale. Sans traitement rapide, la dialyse peut devenir nécessaire en quelques semaines.
La règle est simple : plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic. Une glomérulonéphrite détectée tôt et bien traitée peut rester stable pendant des années.
La glomérulonéphrite est-elle héréditaire ?
La grande majorité des glomérulonéphrites ne sont pas héréditaires. Cependant, quelques exceptions existent :
- →Le syndrome d'Alport est une maladie génétique rare touchant le collagène IV des glomérules, transmise le plus souvent de façon liée à l'X ou autosomique récessive.
- →Certaines formes de glomérulosclérose focale et segmentaire ont une composante génétique identifiée.
Si votre néphrologue suspecte une forme génétique, une consultation de génétique médicale peut être proposée. Dans les autres cas, un simple bilan rénal de vos enfants suffit à vérifier qu'il n'y a pas d'anomalie.
Peut-on vivre normalement avec une glomérulonéphrite ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Les adaptations nécessaires dépendent de la sévérité de la maladie et du traitement en cours.
J'ai une glomérulonéphrite : que puis-je manger ?
La restriction en sel est presque toujours recommandée. En cas d'insuffisance rénale associée, une réduction des apports en protéines animales et en potassium peut être conseillée. Un diététicien spécialisé en néphrologie peut vous aider à adapter votre alimentation sans la rendre contraignante.
Est-ce que je peux ou dois faire du sport avec une glomérulonéphrite ?
L'activité physique modérée est généralement bien tolérée et bénéfique pour la tension artérielle. En phase aiguë ou en cas d'hématurie macroscopique, votre néphrologue pourra vous recommander de limiter temporairement les efforts intenses.
Est-ce que je peux être enceinte avec une glomérulonéphrite ?
Une grossesse est possible dans la plupart des cas, mais elle nécessite une surveillance renforcée. Certains médicaments utilisés dans la glomérulonéphrite (notamment les IEC, les ARA II et de nombreux immunosuppresseurs) ne peuvent être utilisés pendant la grossesse. Ils peuvent représenter un risque pour le bon déroulement de la grossesse. Il est indispensable d'informer votre néphrologue avant tout projet de grossesse. Vous évaluerez ensemble les ajustements éventuels de votre traitement et de votre surveillance.
Est-il possible d'avoir un arrêt de travail car je suis fatigué.e ?
La glomérulonéphrite bien contrôlée n'empêche généralement pas de travailler ni d'avoir une vie sociale normale. La fatigue liée aux traitements immunosuppresseurs ou à l'insuffisance rénale peut nécessiter des aménagements temporaires.
Que conseille le néphrologue au quotidien ?
Les immunosuppresseurs et les corticoïdes ne s'arrêtent jamais brutalement sans avis médical. Un arrêt brutal peut provoquer une rechute sévère ou, pour les corticoïdes, une insuffisance surrénalienne. Si vous ressentez des effets secondaires difficiles à supporter, appelez votre néphrologue avant toute décision.
Contrôler votre tension artérielle est aussi important que votre traitement principal. Achetez un tensiomètre validé, prenez votre tension régulièrement (matin et soir, 3 jours de suite, toutes les semaines ou selon les recommandations de votre médecin) et notez les résultats pour les apporter à vos consultations.
Si vous êtes sous immunosuppresseurs, votre système immunitaire est affaibli. Les infections peuvent alors être plus fréquentes et plus graves, voire générer des dommages supplémentaires au niveau de vos reins. Les vaccinations sont donc essentielles et votre médecin pourra vous recommander des vaccinations particulières. Toutefois, certains vaccins vivants atténués sont contre-indiqués sous traitement immunosuppresseur. Parlez-en à votre néphrologue avant toute vaccination.
Certains médicaments courants, pris sans prescription, peuvent aggraver une maladie rénale : anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, aspirine à forte dose, diclofénac), certains antibiotiques à haute dose, les produits à base de plantes non contrôlés. Signalez toujours votre maladie rénale à tout médecin qui vous prescrit un traitement et évitez l'automédication. Un conseil pharmaceutique avisé ou médical est souvent conseillé dans votre situation.
Une bonne hydratation aide les reins à éliminer les déchets. Si vous êtes sujet à la rétention d'eau (œdèmes), pesez-vous régulièrement le matin à jeun : une prise de poids rapide (plus d'un kilo en 24h) peut signaler une rétention d'eau et doit être signalée à votre médecin.
Quand appeler son néphrologue sans attendre ?
Certains signes doivent vous amener à contacter votre néphrologue rapidement, sans attendre votre prochain rendez-vous programmé :
- !Apparition ou recrudescence d'urines rouges, rosées ou très mousseuses
- !Œdèmes qui s'aggravent rapidement : jambes très gonflées, visage bouffi au réveil
- !Chiffres de tension artérielle élevés et persistants malgré le traitement (supérieurs à 160/100 mmHg)
- !Prise de poids rapide inexpliquée (plus de 1 à 2 kg en quelques jours)
- !Fièvre sous traitement immunosuppresseur : tout état fébrile doit être pris au sérieux car votre système immunitaire est affaibli
- !(Rare) Forte diminution du volume urinaire, voire absence d'urine
- !Effets secondaires importants de votre traitement : saignements, troubles digestifs sévères, vertiges intenses
Le néphrologue pourra vous guider sur la conduite à tenir (modification du traitement, nécessité d'une hospitalisation ou d'une orientation vers les services d'urgences).
Anémie sévère avec essoufflement au moindre effort · Confusion, somnolence inhabituelle · Absence totale d'urine depuis plus de 12 heures · Douleur thoracique ou trouble du rythme cardiaque
Les bilans sanguins et urinaires sont importants pour permettre de dépister des maladies qui impacteraient votre fonction rénale. Votre médecin traitant est votre médecin référent : il doit vous prescrire au moins une analyse chaque année, ou plus selon votre état de santé globale.Dr Christophe Grocholski, praticien hospitalier en néphrologie, Centre hospitalier de Bourg-en-Bresse
Comment la maladie se découvre-t-elle en pratique ?
Ces cas cliniques illustrent deux présentations typiques rencontrées en consultation de néphrologie. Ils sont fictifs et construits à partir de situations fréquentes : toute ressemblance avec une situation réelle est fortuite.
Homme, 34 ans : découverte fortuite lors d'un bilan de médecine du travail
M. T. se présente en consultation de médecine générale après un bilan de médecine du travail qui a révélé une hématurie microscopique et une protéinurie à la bandelette urinaire. Il ne présente aucun symptôme particulier : pas d'œdème, pas d'hypertension connue, pas de douleur. Il se dit en bonne santé.
Le bilan complémentaire (protéinurie des 24h à 1,2 g/24h, créatinine normale, DFG à 87 ml/min) oriente vers une atteinte glomérulaire. Une biopsie rénale est proposée et réalisée. Le résultat anatomopathologique conclut à une néphropathie à IgA (maladie de Berger).
Femme, 28 ans : œdèmes et fatigue après une grossesse
Mme R. consulte 3 mois après son accouchement pour des œdèmes persistants des jambes et du visage, une prise de poids inexpliquée de 4 kg, et une fatigue importante. Elle a eu une grossesse sans complication. La tension artérielle mesurée en consultation est à 148/94 mmHg.
L'analyse d'urine révèle une protéinurie massive (protéinurie des 24h à 6,8 g/24h). Le bilan immunologique met en évidence des anticorps anti-ADN double brin. Le diagnostic retenu après biopsie est une glomérulonéphrite lupique (classe III).
Quiz à imprimer : connaissez-vous bien la glomérulonéphrite ?
Quiz : connaissez-vous bien la glomérulonéphrite ?
Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.
- Des urines qui moussent tous les jours pendant plusieurs jours doivent être vérifiées par votre médecin.VraiFaux
- Une glomérulonéphrite donne toujours des symptômes.VraiFaux
- La biopsie rénale se fait sous anesthésie générale.VraiFaux
- Après une biopsie rénale, il faut éviter le sport pendant environ deux semaines.VraiFaux
- L'ibuprofène peut aggraver une maladie des reins.VraiFaux
- Je me sens mieux : je peux arrêter seul ma cortisone.VraiFaux
- Manger moins salé aide à contrôler la tension et les œdèmes.VraiFaux
- La plupart des glomérulonéphrites se transmettent aux enfants.VraiFaux
- Sous immunosuppresseurs, une fièvre doit être prise au sérieux.VraiFaux
- Dans la maladie de Berger, un peu de protéines dans les urines n'a aucune importance.VraiFaux
Voir les réponses
- Vrai. Une mousse qui revient chaque jour peut venir d'une fuite de protéines. Une bandelette urinaire chez votre médecin permet de le vérifier.
- Faux. Près d'une personne sur deux n'a aucun symptôme. La maladie est souvent découverte lors d'une analyse d'urine.
- Faux. Elle se fait sous anesthésie locale. Vous pouvez sentir une pression, et vous êtes surveillé quelques heures après.
- Vrai. Après la biopsie, le repos limite le risque de saignement du rein.
- Vrai. Les anti-inflammatoires peuvent abîmer les reins. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
- Faux. Un arrêt brutal peut provoquer une rechute. Appelez votre néphrologue avant toute décision.
- Vrai. Il est conseillé de manger moins de 5 g de sel par jour.
- Faux. La grande majorité des glomérulonéphrites ne sont pas héréditaires. Le syndrome d'Alport est une exception rare.
- Vrai. Ces médicaments affaiblissent les défenses contre les infections. Appelez votre médecin.
- Faux. Les protéines dans les urines abîment le rein. Depuis 2025, le but est de rester sous 0,5 g par jour, et si possible sous 0,3 g.
Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.
Quelles sont les questions les plus fréquentes ?
C'est quoi exactement, une glomérulonéphrite ?
La glomérulonéphrite est une maladie inflammatoire des glomérules : les filtres microscopiques du rein. Quand ces filtres s'enflamment, ils laissent passer dans les urines ce qu'ils devraient retenir : protéines et globules rouges.
Qu'est-ce que la maladie de Berger ?
La maladie de Berger, ou néphropathie à IgA, est la forme de glomérulonéphrite primitive la plus fréquente en France. Le système immunitaire dépose des anticorps de type IgA dans les glomérules, provoquant une inflammation des filtres rénaux. Son évolution est variable. Selon les recommandations KDIGO de 2025, sans traitement adapté, elle conduit chez la plupart des patients à une insuffisance rénale qui demande une dialyse ou une greffe. Le but du traitement est de faire baisser les protéines dans les urines sous 0,5 g par jour, et si possible sous 0,3 g.
Quels sont les signes d'une glomérulonéphrite ?
Les signes d'alerte sont : urines mousseuses ou rougeâtres, œdèmes (jambes, chevilles, visage au réveil), hypertension récente difficile à contrôler, fatigue inhabituelle. Dans près d'un cas sur deux, il n'y a aucun symptôme : d'où l'importance des bilans réguliers.
Comment traite-t-on une glomérulonéphrite ?
Il n'existe pas de traitement universel. Le traitement dépend du type identifié à la biopsie. Dans tous les cas : contrôler la tension artérielle (objectif inférieur à 130/80 mmHg), réduire le sel, arrêter le tabac. Selon le type : corticoïdes, immunosuppresseurs, rituximab, ou traitement de la maladie sous-jacente.
La glomérulonéphrite peut-elle guérir ?
Le pronostic dépend du type. Les glomérulonéphrites post-infectieuses guérissent complètement dans 95 % des cas. La maladie de Berger conduit chez la plupart des patients à une insuffisance rénale sans traitement adapté, selon les recommandations KDIGO de 2025 ; un traitement précoce qui fait baisser les protéines dans les urines réduit ce risque. Les glomérulonéphrites rapidement progressives sont une urgence médicale. Plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic.
La biopsie rénale est-elle douloureuse ?
La biopsie est réalisée sous anesthésie locale. Vous pouvez ressentir une pression mais pas de douleur vive. Un saignement dans ou autour du rein est possible mais reste rare et généralement bénin. Les risques sont bien inférieurs aux bénéfices qu'elle apporte pour guider votre traitement.
La glomérulonéphrite est-elle héréditaire ?
La grande majorité des glomérulonéphrites ne sont pas héréditaires. Le syndrome d'Alport est une exception génétique rare. Dans les autres cas, un simple bilan rénal des enfants suffit à vérifier qu'il n'y a pas d'anomalie.
Quel est le lien entre glomérulonéphrite et hypertension artérielle ?
Le lien est double : l'HTA peut provoquer ou aggraver une glomérulonéphrite, et la glomérulonéphrite elle-même génère souvent une hypertension secondaire par rétention de sel et d'eau. Contrôler la tension artérielle est un objectif central du traitement, avec une cible inférieure à 130/80 mmHg chez les patients protéinuriques.
Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?
- HAS : Guide du parcours de soins, maladie rénale chronique de l'adulte (actualisation du 17 novembre 2023)
- Orphanet : encyclopédie grand public, la maladie de Berger
- ERA (European Renal Association) : Clinical Practice Guidelines on Glomerular Diseases
- KDIGO 2021 : Clinical Practice Guideline for the Management of Glomerulonephritis (référence internationale)
- Agence de Biomédecine : Rapport annuel REIN (Réseau Épidémiologie et Information en Néphrologie)
- Orphanet : Glomérulonéphrite membranoproliférative (maladies rénales rares)
- OMS : Maladie rénale chronique : fiche de référence
- Floege J. et al. : Comprehensive Clinical Nephrology, 6e éd., Elsevier, 2019
- KDIGO. Executive summary of the KDIGO 2025 Clinical Practice Guideline for the Management of IgA Nephropathy (IgAN) and IgA Vasculitis (IgAV). Kidney International, 2025;108:548-554. doi:10.1016/j.kint.2025.04.003
- HAS, Commission de la transparence. Kinpeygo (budésonide), néphropathie à IgA primitive. Avis du 4 mars 2026.
- HAS, Commission de la transparence. Filspari (sparsentan), néphropathie à IgA primitive. Avis du 20 novembre 2024.
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